Mélanger une coloration avec un oxydant 20 volumes paraît simple, mais le bon dosage dépend en réalité du type de couleur, du niveau de couverture recherché et de l’état du cheveu. Un ratio juste change tout: il joue sur la tenue, la netteté du reflet et la capacité à couvrir les cheveux blancs ou à éclaircir légèrement. Je vais aller droit au but, avec des repères concrets, des exemples de mélange et les erreurs qui font le plus souvent dérailler le résultat.
Les repères à garder avant de mélanger
- 20 volumes correspondent en pratique à 6 % d’oxydant, un niveau courant en coloration permanente.
- Le ratio le plus fréquent est 1:1, mais certaines gammes demandent 1:1,5 ou, plus rarement, 1:2.
- Ce niveau de révélateur sert souvent à couvrir les cheveux blancs et à gagner environ un ton, parfois un peu plus selon la formule.
- Sur des longueurs poreuses ou sensibilisées, 20 volumes peut être trop puissant si l’objectif est seulement de raviver ou de déposer de la matière.
- La notice du fabricant prime toujours sur les règles générales de dosage.
Ce que change vraiment un oxydant 20 volumes
En salon, 20 volumes désignent un oxydant à 6 %. Ce n’est pas un simple détail de vocabulaire: ce niveau d’oxydation ouvre suffisamment la fibre pour déposer la couleur de façon franche et, selon la formule, gagner un peu de profondeur ou de lumière. C’est pour cela qu’il revient souvent dans les colorations permanentes classiques.
Le point clé, c’est que 20 volumes ne sert pas à tout faire. Il peut être très pertinent sur une base naturelle, sur une repousse à couvrir ou sur une coloration qui doit rester stable et opaque. En revanche, si le cheveu est déjà sensibilisé, très poreux ou éclairci, je préfère souvent descendre en puissance plutôt que forcer avec un révélateur plus fort que nécessaire.
Autrement dit, 20 volumes est un bon outil, mais pas une valeur automatique. La bonne question n’est pas seulement “combien de développeur ?”, c’est aussi “pour quel effet exact ?”. C’est ce point qui permet ensuite de choisir le bon ratio de mélange.
Le bon dosage selon la formule de coloration
Le dosage ne dépend pas seulement de l’oxydant, mais de la famille de coloration. C’est là que beaucoup d’erreurs commencent: on veut appliquer une règle unique à des produits qui ne fonctionnent pas tous de la même manière. Je préfère raisonner par usage réel.
| Type de coloration | Ratio fréquent | Rôle du 20 volumes | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|---|
| Coloration permanente classique | 1:1 | Couverture + léger éclaircissement | Le format le plus intuitif et le plus courant |
| Coloration permanente plus couvrante | 1:1,5 | Bonne fluidité et couvrance des blancs | Très fréquent sur certaines gammes professionnelles |
| Coloration ton sur ton ou gloss | 1:1,5 ou 1:2 | Déposer, nuancer, raviver | Le 20 volumes est souvent trop fort pour ce registre |
| Éclaircissement léger ou formule highlift | 1:2 dans certains cas | Apporter plus de levée | À réserver aux formules prévues pour cela |
Le ratio n’explique pas tout, mais il change la texture du mélange et la manière dont la couleur se pose. Une formule en 1:1 sera plus dense et plus directe. Une formule en 1:1,5 sera souvent un peu plus souple, avec une application plus facile sur des cheveux qui demandent de l’uniformité. Quant au 1:2, il ne veut pas dire “plus de puissance” au sens absolu: il s’agit d’un équilibre spécifique à certaines familles de produits.
La règle la plus saine reste simple: on ne remplace pas un ratio prévu par un autre “à peu près”. Si le tube demande 1:1,5, ce n’est pas une invitation à improviser. Le résultat final, la tenue et la couverture des blancs en dépendent directement.

Calculer le mélange sans approximation
Pour ne pas se tromper, je conseille de partir en grammes ou en millilitres, mais toujours de manière cohérente. Le plus simple consiste à peser la crème colorante, puis à multiplier selon le ratio indiqué. Voici les repères les plus utiles au quotidien.
| Quantité de coloration | Ratio 1:1 | Ratio 1:1,5 | Ratio 1:2 |
|---|---|---|---|
| 30 g | 30 ml d’oxydant | 45 ml d’oxydant | 60 ml d’oxydant |
| 50 g | 50 ml d’oxydant | 75 ml d’oxydant | 100 ml d’oxydant |
| 60 g | 60 ml d’oxydant | 90 ml d’oxydant | 120 ml d’oxydant |
Si tu travailles avec un tube standard de 60 g, le calcul devient vite très lisible. En 1:1, tu ajoutes 60 ml de révélateur. En 1:1,5, tu montes à 90 ml. En 1:2, tu passes à 120 ml. Je préfère cette logique à l’estimation “à l’œil”, parce qu’un excès de révélateur dilue la matière et qu’un manque peut rendre l’application inégale.
Un autre point compte beaucoup: ne mélange pas la quantité au hasard pour “faire plus souple”. Si la recette doit être précise, la texture du mélange fait partie de la chimie du produit. Un bol, une balance, une spatule ou un pinceau propre suffisent pour rester net et reproductible.
Une fois ce calcul maîtrisé, la vraie question devient plus stratégique: dans quels cas 20 volumes est-il le bon choix, et dans quels cas faut-il viser plus doux ?
Quand choisir 20 volumes, et quand l’éviter
Je vois 20 volumes comme un point d’équilibre: assez fort pour agir, pas assez extrême pour être réservé aux éclaircissements lourds. C’est souvent le bon réglage quand on veut une vraie couverture sur racines naturelles, un rendu homogène ou une légère montée de hauteur de ton. Mais ce n’est pas le bon réflexe dans toutes les situations.
| Oxydant | Effet dominant | Usage typique | Risque si mal utilisé |
|---|---|---|---|
| 10 volumes | Dépose, nuance, fonce ou reste proche du niveau | Gloss, patine, rafraîchissement | Manque de couverture ou de levée si l’objectif est plus ambitieux |
| 20 volumes | Couverture + légère ouverture | Racines, cheveux blancs, coloration permanente classique | Peut être trop fort sur cheveux poreux ou déjà fragilisés |
| 30 volumes | Levée plus nette | Formules prévues pour éclaircir davantage | Plus de sécheresse et de risque de surtraitement |
Dans la pratique, j’évite de monter à 20 volumes quand le seul objectif est de raviver un reflet, de corriger une nuance ou de donner un léger effet brillant. Dans ces cas-là, une formule plus douce est souvent plus logique. À l’inverse, si les cheveux blancs doivent vraiment être couverts ou si la base naturelle doit être légèrement éclaircie, 20 volumes devient pertinent.
Le bon choix dépend aussi de la zone traitée. Sur les racines, le cheveu est souvent plus résistant. Sur les longueurs et les pointes, la porosité change vite la donne. C’est précisément pour cela qu’un même oxydant ne devrait pas être appliqué partout de façon uniforme sans réflexion.
Les erreurs qui ruinent le résultat
La plupart des ratés viennent moins du produit que de la méthode. Voici les erreurs que je rencontre le plus souvent, et qui expliquent pourquoi une couleur paraît trop chaude, trop fade ou irrégulière alors que la base semblait correcte.
- Confondre ratio et volume: 1:1 ne signifie pas 20 volumes, et 20 volumes ne dit rien du ratio à lui seul.
- Mesurer “à peu près”: un dosage imprécis change la texture, la tenue et la profondeur du résultat.
- Utiliser 20 volumes sur des longueurs poreuses: le cheveu accroche plus vite et la couleur peut virer ou s’assombrir par endroits.
- Prolonger le temps de pose pour “forcer” le résultat: au-delà du temps prévu, on n’améliore pas la couleur, on augmente surtout le risque de surcharge.
- Oublier le test cutané ou la mèche test: c’est la meilleure façon d’éviter une mauvaise surprise sur le cuir chevelu ou sur la nuance finale.
- Mélanger dans un récipient métallique: mieux vaut un bol adapté, propre, non métallique, pour garder une préparation stable.
Je insiste particulièrement sur les cheveux déjà colorés, décolorés ou sensibilisés. Sur ce type de base, 20 volumes peut être correct sur racines et trop agressif sur les longueurs. Séparer les zones n’est pas un luxe de professionnel, c’est souvent ce qui distingue une couleur propre d’un résultat fatigué.
Une fois ces pièges écartés, l’application devient beaucoup plus simple. Et c’est là que la rigueur dans les gestes fait une vraie différence.
La méthode simple pour réussir le mélange et l’application
Quand je veux un résultat propre, je procède toujours dans le même ordre. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est ce qui évite les approximations et les zones mal couvertes.
- Je lis la notice du produit pour vérifier le ratio exact et les oxydants autorisés.
- Je prépare le matériel: gants, bol non métallique, pinceau, balance ou doseur gradué.
- Je pèse la coloration, puis je calcule l’oxydant selon le ratio demandé.
- Je mélange jusqu’à obtenir une crème parfaitement homogène, sans grumeaux.
- J’applique rapidement sur cheveux secs ou légèrement préparés, selon les consignes de la marque.
- Je respecte le temps de pause indiqué, sans rallonger “pour assurer”.
- Je rince, je shampooine si besoin, puis je termine avec un soin adapté pour stabiliser la fibre.
Si la repousse est résistante et les longueurs plus poreuses, je n’applique pas le mélange de la même façon sur toute la tête. C’est souvent la racine qui réclame l’oxydant 20 volumes, pas les pointes. Ce simple ajustement évite beaucoup de surcharges visuelles et conserve un résultat plus naturel.
Enfin, n’oublie pas un détail souvent sous-estimé: le temps de pause commence quand le mélange est prêt, pas quand tu as fini d’hésiter sur la quantité. Plus on traîne, plus la préparation perd en régularité. Là encore, la précision fait la différence.
Le réglage le plus sûr pour une couleur nette et durable
Si je devais résumer la logique en une phrase, je dirais ceci: 20 volumes est un bon choix quand la formule demande à la fois dépôt, couverture et légère ouverture, mais il ne faut jamais l’utiliser par réflexe. Le dosage juste dépend du produit, du ratio, de la base de départ et de l’état du cheveu.
Avant de mélanger, garde cette mini-checklist en tête:
- Vérifier le ratio exact sur la notice.
- Choisir 20 volumes seulement si l’objectif le justifie.
- Adapter la force de l’oxydant à la porosité du cheveu.
- Mesurer proprement, sans approximation.
- Faire un test mèche quand la base est incertaine ou déjà sensibilisée.
C’est cette discipline qui donne une couleur régulière, crédible et durable. Pour une coloration réussie, je préfère toujours un mélange maîtrisé à une formule “plus forte” choisie trop vite: en coloration, le bon dosage compte davantage que l’excès de puissance.