La différence entre un oxydant 20 ou 30 volumes change réellement le résultat d’une coloration: niveau d’éclaircissement, couverture des cheveux blancs, tenue du reflet et confort de la fibre. Je vais expliquer ce que chaque volume fait concrètement, quand choisir l’un ou l’autre, et les erreurs qui transforment une belle coloration en résultat trop chaud, trop clair ou trop agressif.
Les repères essentiels avant de choisir
- 20 volumes correspond le plus souvent à 6 % et sert de base pour une coloration permanente classique, avec un éclaircissement modéré.
- 30 volumes correspond en général à 9 % et apporte plus de lift, mais aussi plus de stress pour la fibre.
- Le bon choix dépend d’abord de l’objectif couleur : couvrir, éclaircir légèrement, ou gagner plusieurs niveaux.
- Sur cheveux sensibilisés, déjà éclaircis ou poreux, je privilégie presque toujours le volume le plus doux possible.
- Pour une patine ou un toner, je ne monte pas inutilement en volume: le bon révélateur est souvent plus faible.
- La notice du produit reste la référence, car le ratio et le temps de pose varient selon les gammes.
Ce que change vraiment le passage de 20 à 30 volumes
Le révélateur active les pigments et ouvre plus ou moins la cuticule. Les repères les plus courants, chez L’Oréal Professionnel par exemple, sont 20 volumes à 6 % et 30 volumes à 9 %, avec environ 2 niveaux d’éclaircissement pour le premier et 3 pour le second sur certaines colorations crème. En pratique, ce n’est pas seulement une question de “force” : plus le volume monte, plus l’éclaircissement progresse, mais plus le cheveu subit aussi de stress, de dessèchement et parfois de chaleur sur la fibre.
Je raisonne donc en trio: objectif couleur, état du cheveu, marge de sécurité. C’est ce trio qui m’évite de choisir 30 volumes par réflexe alors que 20 suffit souvent. C’est pour cela que je sépare toujours les usages du 20 et du 30 volumes avant de parler du résultat final.
Quand je choisis 20 volumes
Je prends le 20 volumes quand je veux une coloration permanente classique, un léger éclaircissement ou une couverture des blancs bien construite, sans brutaliser les longueurs. Sur une base naturelle déjà proche du résultat visé, c’est souvent le choix le plus propre: base 6 vers 7 ou 8, racines à rafraîchir, ou reprise de couleur sur des pointes déjà poreuses.
- Couverture des cheveux blancs avec une formule prévue pour cela.
- Éclaircissement léger d’un à deux niveaux.
- Coloration des racines quand je veux limiter la surchauffe de la fibre.
- Cheveux sensibilisés, décolorés ou déjà colorés à plusieurs reprises.
Ce volume laisse plus de marge quand la fibre est sèche ou qu’une zone a déjà été sollicitée par des services techniques. Il n’efface pas tous les risques, mais il réduit clairement les dérapages que je vois le plus souvent sur les longueurs. Dès que la cible devient plus lumineuse ou plus éloignée de la base, je commence à regarder le 30 volumes.
Quand je passe à 30 volumes
Le 30 volumes devient intéressant quand il faut gagner davantage en clarté, typiquement sur une base naturelle plus foncée ou lorsqu’un éclaircissement net fait partie du service. C’est souvent le cas pour certaines colorations permanentes visant un résultat plus lumineux, ou pour des techniques d’éclaircissement où le produit et la notice autorisent ce niveau de révélateur.
- Gagner jusqu’à trois niveaux sur certaines gammes professionnelles.
- Obtenir un résultat plus visible sur une base plus sombre.
- Travailler certaines mèches ou éclaircissements, si la marque le prévoit.
- Répondre à un cheveu naturellement résistant, mais seulement si la formule est adaptée.
Je reste toutefois prudent: sur des longueurs déjà éclaircies, le 30 volumes peut faire monter la porosité trop vite, faire ressortir des reflets chauds et donner une sensation de cheveu “râpeux” après rinçage. Autrement dit, le gain en éclaircissement n’est utile que si la fibre peut l’encaisser sans payer la note derrière.

Comparer les deux selon l’objectif de coloration
Pour aller vite, je les compare toujours par objectif. C’est plus fiable qu’un choix basé sur l’habitude.
| Objectif | 20 volumes | 30 volumes | Mon repère pratique |
|---|---|---|---|
| Couverture des cheveux blancs | Très souvent le bon point de départ | Utile seulement dans certaines formules ou sur cheveux très résistants | Je pars d’abord sur 20 volumes, puis j’ajuste la formule, pas seulement le volume |
| Éclaircissement léger | Adapté pour 1 à 2 niveaux | Souvent excessif si le but est modéré | Le 20 volumes est le plus équilibré |
| Éclaircissement plus net | Peut montrer ses limites | Plus pertinent pour viser 2 à 3 niveaux | Je regarde l’état de la fibre avant de valider |
| Patine ou ton sur ton | Généralement trop fort | Encore moins adapté | Je choisis plutôt le révélateur prévu pour la patine, souvent 10 volumes ou moins |
| Cheveux sensibilisés | Le choix le plus prudent des deux | À éviter si les longueurs sont fragiles | La porosité décide avant le désir d’éclaircir |
Ce tableau m’évite une erreur très fréquente: confondre un besoin de lumière avec un besoin de puissance. Sur cheveux poreux, le trop-plein d’oxydation n’apporte pas un blond plus beau, il apporte souvent un blond plus instable. Et c’est là que la préparation compte autant que le volume choisi.
Les erreurs qui font basculer le résultat
Les ratés viennent rarement d’un seul facteur. Le plus souvent, je vois un mauvais volume combiné à un mauvais temps de pose, ou à une fibre déjà saturée par les colorations précédentes.
- Choisir 30 volumes “pour être sûr” alors que 20 suffisait.
- Appliquer un révélateur trop fort sur des longueurs déjà éclaircies.
- Oublier que chaque marque a ses ratios, sa texture et ses temps de pose.
- Utiliser un oxydant de coloration pour une patine, alors qu’il faut un produit plus doux.
- Ignorer le test de mèche quand la base est irrégulière ou poreuse.
La conséquence la plus courante, ce n’est pas seulement un cheveu plus sec. C’est un résultat moins homogène: racines trop claires, longueurs chaudes, reflet qui vire, ou couverture des blancs qui manque de netteté parce que la formule n’était pas pensée pour le volume choisi. Quand cela arrive, la vraie correction n’est pas de “laisser poser plus longtemps”, mais de revenir à une logique plus précise.
Ce que je vérifie avant de colorer toute la chevelure
Avant de préparer le mélange, je contrôle toujours quatre points. Ils paraissent simples, mais c’est eux qui évitent la plupart des mauvaises surprises.
- La base naturelle et l’écart avec le résultat visé.
- L’historique technique du cheveu: décoloration, coloration permanente, lissages, mèches, patines.
- La porosité des longueurs et la sensibilité du cuir chevelu.
- La notice du produit, surtout le ratio de mélange et le temps de pose.
Mon réflexe est assez simple: 20 volumes par défaut quand je cherche la maîtrise, 30 volumes seulement quand le plan couleur l’exige vraiment. Si j’hésite entre les deux, je fais un test sur une mèche, parce qu’un niveau d’éclaircissement gagné ne compense jamais une fibre abîmée. Et sur ce type de choix, c’est presque toujours la prudence bien dosée qui donne le résultat le plus net.