Mélanger deux oxydants n’est pas un geste anodin: sur une coloration, ce choix modifie la force d’oxydation, la couvrance, la vitesse de prise et parfois même la nuance finale. Je vais clarifier quand un mélange entre 10 et 20 volumes peut fonctionner, dans quels cas il devient risqué, et comment le faire proprement sans casser l’équilibre de la formule.
Les points à vérifier avant de mélanger deux oxydants
- 10 volumes = 3 % et 20 volumes = 6 % ; un mélange moitié-moitié donne en théorie un niveau intermédiaire autour de 15 volumes, soit 4,5 %.
- Le mélange n’est pertinent que si les produits sont compatibles, idéalement de la même gamme et pensés pour fonctionner ensemble.
- Le 10 volumes sert surtout à déposer, foncer ou raviver ; le 20 volumes apporte plus de couvrance et davantage de pouvoir éclaircissant.
- Pour une décoloration ou une couverture des cheveux blancs, l’improvisation est une mauvaise idée : la notice de la marque prime sur la théorie.
- Le dosage se fait à la balance, pas à l’œil, si l’on veut un résultat reproductible.
Ce que change vraiment le mélange de 10 et 20 volumes
Sur le papier, la logique est simple : mélanger un oxydant à 3 % avec un autre à 6 % donne un compromis autour de 4,5 %, donc une action intermédiaire. En pratique, cela revient souvent à créer un équivalent de 15 volumes, même si ce volume n’est pas toujours proposé tel quel par toutes les marques.
Mais je nuance tout de suite : ce n’est pas parce que le calcul est simple que le résultat est automatiquement prévisible. La texture de l’oxydant, la famille du produit colorant, le pH et la formulation globale comptent aussi. Les fiches techniques professionnelles de marques comme L’Oréal Professionnel montrent bien qu’un developer est pensé pour une gamme précise, avec un rôle très défini selon le niveau de lift attendu.
Autrement dit, on ne mélange pas deux oxydants pour “faire un peu au hasard” plus doux ou plus fort. On le fait uniquement si l’on cherche un point d’équilibre entre deux comportements déjà connus. C’est ce qui permet de comprendre dans quels cas ce compromis devient réellement utile.
Quand ce mélange peut avoir du sens
Je vois trois cas où le mélange 10/20 volumes peut être pertinent. Le premier, c’est quand le 10 volumes est un peu trop faible pour ton objectif, mais que le 20 volumes semble trop agressif ou trop éclaircissant. Le second, c’est quand tu veux rester dans une logique de ton sur ton tout en gardant un peu plus de mordant qu’avec un oxydant très doux. Le troisième, c’est lorsque la gamme que tu utilises ne propose pas de volume intermédiaire, alors que ta formule aurait justement besoin de ce milieu de terrain.
Ce type de mélange peut aussi servir sur certaines colorations d’oxydation quand on veut nuancer légèrement le comportement du produit sur cheveux sensibilisés ou sur longueurs poreuses. En revanche, il ne faut pas lui prêter des pouvoirs magiques : il ne remplace pas une vraie lecture de la base, ni une bonne connaissance de la porosité du cheveu.
Si ton objectif est de couvrir des cheveux blancs, par exemple, le 20 volumes reste souvent plus sécurisant que de tenter un compromis au milieu, surtout si la formule a été conçue pour cela. C’est précisément pour cette raison qu’il faut savoir quand s’abstenir.Quand il vaut mieux éviter de le faire
Je déconseille de mélanger deux oxydants dès que tu sors du cadre simple “même marque, même système, même texture”. Si tu combines des produits de marques différentes, tu n’as plus aucune garantie réelle sur la stabilité du mélange. Même chose si tu passes d’un oxydant crème à une lotion plus fluide sans savoir si la formule supporte ce changement.
Autre cas où il faut être très prudent : la décoloration. Là, la marge d’erreur se paie vite en chaleur excessive, en éclaircissement irrégulier ou en sensibilisation de la fibre. Quand une gamme limite l’usage du 20 volumes sur cuir chevelu ou réserve le 30 volumes aux longueurs, ce n’est pas décoratif. C’est une consigne de sécurité et de résultat.
Enfin, si la coloration ou la patine que tu utilises impose déjà un oxydant précis, je ne tenterais pas de “l’adoucir” ou de “le booster” sans raison claire. La bonne question n’est pas seulement “est-ce possible ?”, mais “est-ce cohérent avec le résultat recherché ?”. C’est ce qui mène directement à la méthode de mélange, parce qu’un bon principe mal dosé reste un mauvais résultat.

Comment préparer un mélange propre et reproductible
Si tu décides de faire un mélange, je te conseille de raisonner en grammes et non en approximations. Le plus simple est de calculer d’abord le volume final d’oxydant dont tu as besoin, puis de répartir ce volume entre les deux flacons. Pour un mélange 50/50, la règle est limpide : parts égales de 10 volumes et de 20 volumes.
Exemple concret : si ta formule réclame 60 g d’oxydant au total et que tu veux un compromis intermédiaire, tu prends 30 g de 10 volumes et 30 g de 20 volumes. Si ta coloration demande un autre ratio, tu gardes la proportion du fabricant pour la couleur et tu ajustes seulement le developer final. La logique ne change pas : on ne modifie pas le rapport couleur/oxydant à la légère.
- Je vérifie d’abord que les deux oxydants appartiennent à la même gamme ou qu’ils sont explicitement compatibles.
- Je pèse les quantités au gramme près, surtout sur les formules techniques.
- Je mélange jusqu’à obtenir une texture homogène, sans stries ni séparation.
- J’applique immédiatement, car un mélange préparé à l’avance perd en fiabilité.
- Je respecte le temps de pose prévu par la marque, sans rallonger “pour être sûr”.
Ce protocole paraît simple, mais c’est justement ce qui évite les écarts de résultat. Une fois le mélange maîtrisé, il reste à savoir ce que tu peux vraiment attendre selon l’objectif couleur.
Le résultat à attendre selon ton objectif couleur
Le choix entre 10, 20 ou un mélange intermédiaire n’a pas le même effet selon que tu veux déposer de la matière, couvrir des blancs ou éclaircir une base naturelle. J’aime bien le résumer de manière très concrète : le 10 volumes travaille plus en douceur, le 20 volumes pousse davantage la couleur, et le mélange des deux se situe entre les deux. C’est utile, mais seulement si l’on sait ce qu’on cherche.
| Option | Effet principal | Usage le plus logique | Limite à garder en tête |
|---|---|---|---|
| 10 volumes | Dépose, fonce légèrement, ravive, respecte davantage la fibre | Ton sur ton, patine, gloss, longueurs sensibilisées | Peu d’éclaircissement, couvrance des blancs souvent plus faible |
| 20 volumes | Meilleure couvrance, jusqu’à environ 2 tons d’éclaircissement selon la gamme | Coloration permanente, racines, cheveux blancs | Plus de puissance, donc plus de risque de dériver vers un reflet trop chaud |
| Mélange 10 + 20 volumes | Compromis intermédiaire autour de 15 volumes | Quand 10 est trop doux et 20 trop fort | Pas un substitut universel à une vraie formule prévue pour 15 volumes |
En pratique, le bon choix dépend surtout de la base naturelle, de la porosité et du niveau de cheveux blancs. Si tu veux une vraie régularité d’un rendez-vous à l’autre, le plus important n’est pas de bricoler un volume intermédiaire, mais de savoir ce que tu fais avant même d’ouvrir les flacons.
Le bon réflexe avant de décider du mélange
Mon réflexe est simple : si la notice de la coloration impose un oxydant précis, je m’aligne sur cette consigne. Si la marque propose déjà un volume intermédiaire, comme 12,5 ou 15 volumes dans certaines gammes professionnelles, je préfère ce choix à une moyenne improvisée. Et si le contexte est technique, comme une décoloration ou une couverture de cheveux blancs très exigeante, je ne mélange pas pour “tester”.
Au fond, la vraie réponse à la question n’est pas “oui” ou “non” de façon absolue. Oui, on peut parfois mélanger un oxydant 10 et 20 volumes, mais seulement dans un cadre maîtrisé, avec des produits compatibles et un objectif clair. Sinon, mieux vaut choisir le volume prévu par la formule, parce que c’est lui qui donne le résultat le plus fiable.
Si tu gardes une seule règle en tête, retiens celle-ci : en coloration, la précision compte plus que l’intuition. C’est souvent elle qui fait la différence entre un reflet bien posé et une couleur qui part dans la mauvaise direction.